Fraternité monastique des frères de Jérusalem

Des moines au cœur de la ville

Les frères de Jérusalem ont commencé leur aventure monastique au cœur de Paris en 1975, inspirés par l’esprit du Concile Vatican II. Leur appel ? Vivre une vie monastique contemplative dans la ville, au contact des citadins, au rythme de la prière, du travail et de la fraternité.

Aujourd’hui, la communauté compte une trentaine de frères répartis dans sept maisons à travers le monde. Leur vocation ? Contempler Dieu et vivre en frères au milieu de leurs contemporains.

Un quotidien ancré dans la cité

Leur vocation est un chemin de conversion qui se vit concrètement à travers :
• La prière personnelle et liturgique : lectio divina, offices liturgiques, oraison silencieuse et eucharistie sont le cœur de la journée
• La fraternité : Une vie simple et partagée en communauté.
• Le travail à temps partiel : un métier, assurant une présence discrète et professionnelle au cœur du monde
• L’accueil : l’hospitalité et la solidarité avec les citadins pour devenir par eux, frères de tous, à l’image du Christ.

Un regard contemplatif sur la ville

Jour après jour, la Parole de Dieu et la rencontre des citadins nourrissent leur foi et transforment leur existence. Leur vocation est un pèlerinage intérieur. L’insertion urbaine nourrit leur prière et leur offre la grâce d’un regard contemplatif capable de discerner l’action de Dieu dans la vie des citadins.

Je suis frère Thomas, de la fraternité de Montréal. Je suis prêtre et je travaille 3 matinées à la cathédrale de Montréal pour faire des permanences de confessions et d’accueil spirituel. J’aime beaucoup le trajet en métro, ou parfois à pied que je fais pour y aller. Cela me permet de contempler Dieu dans la ville. Les personnes qui vont au travail, qui rentrent du travail, les personnes qui quêtent. Puis il y a les personnes que j’accueille, en français ou en anglais, habitués de la confession ou non. Certaines sont en grande souffrance, d’autres font leurs premiers pas dans la foi chrétienne. Puis il y a les personnes qui demandent des bénédictions tout simplement.

frère Thomas
Fraternité de Montréal

Prier Dieu et accueillir l’homme : c’est cela qui m’a fait tout quitter pour devenir frère de Jérusalem. Dans l’église ou dans les rues de la ville, je rencontre des visages fatigués, des étudiants perdus, des travailleurs épuisés, des cœurs en colère. Souvent, je n’ai rien d’autre à offrir qu’une écoute vraie. Et j’ai découvert un trésor immense : écouter un frère, c’est comme prier.
Dans la prière, Dieu me rejoint tel que je suis. Dans l’accueil, je rejoins l’autre là où il en est. Être moine ne m’éloigne pas du monde : la prière agrandit mon cœur. Parce que je me sais accueilli par le Christ, je peux devenir, humblement, frère pour tous. Dieu n’a pas déçu mon premier appel, il l’élargit chaque jour !

frère Jean-Christophe
Fraternité de Montréal

« Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis. »
Cette phrase, tirée de la Lettre de saint Paul aux Romains (Rm 15,7), est un appel extrêmement fort à l’empathie, à l’acceptation et à la construction de la communauté. Ces paroles me rappellent aussi le sens profond de l’hospitalité monastique. C’est une invitation à bâtir des ponts plutôt que des murs. C’est un espace où j’accueille mon frère, ma sœur – l’habitant de la ville – tel qu’il est, et non tel que je voudrais qu’il soit. Qu’il s’agisse de rencontres liées au travail ou à l’église, de l’accueil d’invités dans notre maison, ou d’un moment de conversation après la liturgie de dimanche dans notre café varsovien Jérusalem Café, elles introduisent d’abord dans ma vie le mystère de la fraternité. Elles sont une présence spirituelle chaleureuse dans laquelle nous nous enrichissons mutuellement.

frère Jakub
Fraternité de Varsovie

Un jour j’ai lu cette prière : « Père Saint, accorde-nous de chercher ton Fils avec plus d’ardeur et d’entraîner dans notre quête ceux qui ne le connaissent pas encore. » J’y ai reconnu ce qui me fait vivre depuis 36 ans que je suis en communauté : que nous soyons des hommes et des femmes de Dieu en plein monde pour y chercher Dieu, pour l’aimer et partager cet Amour. Parce qu’Il nous aime le premier.

frère Antoine-Emmanuel
Fraternité de Vézelay

La lectio divina, les offices et l’oraison silencieuse ne sont pas pour moi une fuite du monde, mais au contraire ce qui affine mon regard sur lui. C’est dans la prière contemplative que j’apprends à discerner les déserts contemporains – ces lieux de soif spirituelle ou de souffrance.
La catéchèse mystagogique traduit le mystère contenu dans la liturgie selon la soif et l’aptitude à recevoir du monde contemporain. C’est cette union de la prière et de l’attention au réel, à la manière des Pères de l’Église, qui me permet d’habiter le monde en contemplatif, attentif aux besoins du moment, pour mieux faire refleurir ces déserts que nous côtoyons chaque jour.

frère Dominique
Fraternité de Montréal

Mon atelier de peinture se situe entre la rue et notre église. Comme la porte de l’atelier reste le plus souvent ouverte, les gens peuvent entrer pendant que je peins. Nous restons le plus souvent en silence, eux et moi, devant un visage du Christ par exemple qui prend forme peu à peu. Dans ce silence nous partageons quelque chose de fort, qui n’a pas toujours besoin de se dire.
Le geste du peintre ressemble à celui d’un aveugle qui cherche à reconnaître un visage par touches hésitantes. Le moine aussi consacre toute sa vie à la quête d’un Visage. C’est sans doute cet état de recherche qui crée une communion si spontanée avec des inconnus : on se reconnaît compagnons de route attirés par une même soif de beauté, ou plutôt par Celui qui en est la source.

frère Charles-Marie
Fraternité de Florence

La vie fraternelle est source d’allégresse, autant qu’elle est un défi stimulant. Mes frères et moi ne sommes pas rassemblés au nom d’une affinité ou d’un projet commun, mais bien parce que le Christ nous a appelés pour cheminer à sa suite. L’on ne peut être disciple de Jésus sans aimer. L’on ne peut le suivre en vérité sans accueillir le frère qu’il met sur notre route, rendant grâce pour ses richesses, et portant avec lui ses difficultés et ses limites. C’est alors une joie de marcher ensemble, tendus vers la rencontre de Celui qui est venu « afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Évangile selon saint Jean 11, 52).

frère Stéphanie-Marie
Fraternité de Paris

Le monde entier est rassemblé dans les deux villes où j’ai passé les vingt-six dernières années, Strasbourg et Montréal. Beaucoup de ces personnes sont arrivées comme réfugiés ; il m’est arrivé de rencontrer des personnes qui fuyaient de grands dangers. Donc dans ces villes, j’ai côtoyé l’injustice, la violence, la détresse de notre monde. C’est une face du mystère de Jérusalem : la ville comme baromètre du péché humain mondiale. Mais dans ces villes, j’ai vu aussi que ces personnes peuvent vivre ensemble dans une harmonie de leurs diversités. C’est l’autre face du mystère de Jérusalem : il est possible de “vivre en frères tous ensemble” (Ps 132). La Bible dit massivement que Dieu conduit le monde vers cela.

frère Bradford
Fraternité de Montréal

Oui, la fraternité est possible ! Tel est en tout cas l’expérience que je vis depuis près de 20 ans. Et ce qui me touche de plus en plus, c’est l’engagement de chacun pour qu’elle devienne une réalité. À chaque fois que je suis témoin de gestes d’attention ou de bienveillance de la part de mes frères, j’apprends à me laisser toucher. Je choisis de ne pas m’habituer, mais de m’émerveiller ! Cela change tout ! La vie communautaire se révèle alors comme étant parsemée d’innombrables gestes de sollicitudes. Plus j’avance sur ce chemin, plus cela nourrit mon espérance et plus je prends conscience que, loin d’être anodins, tous ces gestes parlent en fait avec éloquence du cœur de mes frères !

frère Joseph
Fraternité de Strasbourg

Quelques repères sur la vocation des frères

Fraternité

Les frères mènent une vie fraternelle en commun où s’expriment la charité, la communion, le partage et l’obéissance mutuelle. Ils supportent avec patience leurs pauvretés et leurs limites, se servent et se réconcilient les uns les autres avec humilité.

Travail

Le travail des frères est une dimension constitutive de leur vie monastique. Il est un lieu de sanctification et de réalisme
spirituel : il est humble collaboration à l’œuvre du Créateur, union au Christ qui a travaillé de ses propres mains dans la vie cachée de Nazareth, école d’unification de la prière et de la vie.

Liturgie

Les frères et les sœurs célèbrent la liturgie ensemble avec les fidèles, tournés vers l’autel, manifestant par là visiblement que toute leur existence est orientée et tendue vers le Christ. L’assemblée ainsi constituée devient le signe du peuple de Dieu où tous, baptisés en Christ, sont appelés à la sainteté.

Prière

Tout au long de la journée, tant en fraternité qu’au travail ou lors de leurs déplacements, les frères demeurent à l’écoute de Dieu pour discerner Sa voix et faire Sa volonté. Ils tendent à la prière continuelle en louant le Seigneur et en intercédant pour le monde, désirant la venue du Règne de Dieu.

Silence

Le silence permet une forme de solitude au sein même de la vie cénobitique. Il favorise la prière continuelle et l’ouverture à la communion fraternelle. Il devient le gardien de la parole en même temps que des pensées. Il ouvre ainsi aux inspirations de l’Esprit Saint et entraîne à la vigilance du cœur.

Communion

avec les sœurs

La communion entre les frères et les sœurs est un don de Dieu qui les appelle à s’engager humblement dans une dynamique de conversion quotidienne. Cette communion participe, à sa manière, au déploiement d’un esprit synodal en Église, et sert la complémentarité du sacerdoce baptismal et du sacerdoce ministériel.

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